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Se faire trouver sur Google

Comment les Marseillais cherchent un artisan sur Google ?

Sous « plombier Marseille » se cachent deux personnes très différentes. L'une a une fuite qui coule depuis vingt minutes et tape sur son téléphone en cherchant un numéro à appeler tout de suite. L'autre prépare une rénovation de salle de bain, compare des devis depuis son ordinateur, et reviendra trois fois avant de se décider. Voici ce que ces deux formulations changent pour la page qui doit leur répondre.

Publié le 15 septembre 2026 Par Mathias Dauverchain, Artisan Branding 8 min de lecture

Deux recherches cohabitent sous le même métier

Un artisan qui regarde ses statistiques de recherche voit une liste de mots-clés et rien d'autre. Ce que la liste cache, c'est l'intention derrière chaque requête, et cette intention se range presque toujours dans l'une de deux familles : réparer quelque chose de cassé maintenant, ou construire quelque chose de nouveau plus tard.

Un électricien voit passer « électricien Marseille » toute la journée. Certaines de ces recherches viennent d'un tableau électrique qui a disjoncté à sept heures du matin. D'autres viennent d'un propriétaire qui refait sa cuisine et cherche qui contacter pour le devis, sans urgence particulière. Une seule page qui parle aux deux à la fois finit par ne parler correctement à aucun des deux.

Le métier détermine la proportion. Un serrurier ou un chauffagiste voit surtout de l'urgence. Un menuisier ou un paysagiste voit surtout du projet. La plupart des métiers du bâtiment reçoivent un mélange des deux, et la page doit être écrite en le sachant.

Reconnaît-on une recherche d'urgence à sa formulation ?

Oui, presque à coup sûr. La recherche d'urgence porte trois traits reconnaissables. Elle est courte, elle contient un mot de problème plutôt qu'un mot de métier pur, et elle demande une réponse dans l'heure.

« Fuite d'eau Marseille », « serrurier ouverture porte », « plombier urgence week-end » : ces formulations remplacent parfois le nom du métier par celui du problème, parce que la personne qui tape ne sait pas toujours comment s'appelle l'artisan qu'il lui faut. Elle sait seulement ce qui ne fonctionne plus.

Le mot « Marseille » disparaît fréquemment de ces requêtes. La personne cherche depuis son téléphone, Google connaît déjà sa position, et taper le nom de la ville prend un temps qu'elle n'a pas. Un artisan qui ne ressort que sur les requêtes contenant explicitement « Marseille » perd donc une partie de ce trafic sans même s'en rendre compte.

Le comportement qui suit la recherche confirme l'intention. La personne ouvre les deux ou trois premiers résultats, cherche le numéro de téléphone en quelques secondes, et appelle. Elle ne lit pas de page de présentation. Un site pensé pour l'urgence gagne à afficher le numéro et la disponibilité avant tout le reste, sans attendre le troisième écran.

La recherche de projet prend un chemin plus lent

La recherche de projet s'étale sur plusieurs jours, parfois plusieurs semaines, et elle passe par plusieurs formulations successives. Une même personne tape d'abord « idée rénovation cuisine », puis quelques jours après « prix rénovation cuisine Marseille », puis enfin « cuisiniste Marseille avis ». Le métier n'apparaît souvent qu'à la fin du parcours.

Les mots qui reviennent le plus dans cette famille sont ceux du budget et de la comparaison : « prix », « devis », « pas cher », « avis », « photos avant après ». Le chercheur veut se rassurer avant de décrocher son téléphone, ce qui explique pourquoi la page réalisations pèse autant dans ce type de recherche que la page contact.

Une recherche de projet tolère un titre de page un peu plus long et un contenu plus détaillé, parce que la personne qui la tape prend le temps de lire. C'est l'inverse exact de la recherche d'urgence, et c'est pour cette raison qu'une seule formule de page ne peut pas servir les deux publics sans arbitrage.

Une page qui parle aux deux, sans se disperser

Nous structurons chaque site d'artisan avec un premier écran pour l'urgence, numéro et disponibilité visibles, et une suite pour le projet, avec photos de chantier et zone couverte.

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Le téléphone impose sa propre grammaire

La majorité des recherches locales de type « artisan Marseille » partent d'un téléphone plutôt que d'un ordinateur, et cela change la formulation elle-même. Taper au pouce coûte un effort que taper au clavier ne coûte pas, ce qui pousse les recherches d'urgence vers des formules encore plus courtes.

La recherche vocale suit une logique inverse. Une personne qui parle à son téléphone plutôt que de taper produit des phrases complètes, proches du langage oral : « qui peut venir réparer une fuite d'eau ce soir à Marseille » plutôt que « plombier urgence Marseille ». Les deux formulations coexistent pour le même besoin, et une page qui ne contient que la version courte manque la version parlée.

Écrire pour les deux ne demande pas deux pages différentes. Un titre court et net pour l'œil, une phrase complète et naturelle dans le chapô ou dans une question en sous-titre, couvrent l'un et l'autre sans répétition artificielle.

Le quartier avant la ville, presque toujours

Un Marseillais qui cherche un artisan proche de chez lui tape rarement « Marseille » tout court. Il tape le nom de son quartier : La Valentine, Mazargues, Saint-Loup, Le Panier, La Capelette. Ces noms font partie du vocabulaire courant, davantage que les numéros d'arrondissement, parce que c'est ainsi que la ville se raconte à l'oral.

Cette habitude de langage a une conséquence directe sur ce qu'une page doit contenir en propre. La méthode pour choisir et déclarer sa zone d'intervention est détaillée dans l'article sur la zone d'intervention d'un artisan à Marseille, elle ne se répète pas ici. Le point qui compte pour cet article est plus simple : les noms de quartier que vous citez doivent être ceux que vos clients emploient eux-mêmes, pas ceux que vous employez en interne pour organiser vos tournées.

Une astuce rapide pour vérifier ce vocabulaire : relisez vos derniers messages ou appels de clients. Le nom qu'ils utilisent pour désigner leur secteur est presque toujours celui qu'il faut reprendre sur la page, même s'il diffère du nom administratif.

Que doit répondre la page, mot pour mot ?

Une page qui veut capter les deux intentions gagne à s'organiser en deux temps visibles dès le premier écran. En haut, la réponse à l'urgence tient en trois éléments : le numéro de téléphone en gros, un mot sur la disponibilité du jour, et le nom du quartier ou de la zone couverte. Personne ne doit faire défiler la page pour trouver un numéro à appeler.

Plus bas, la réponse au projet se construit autrement. Elle demande des photos de chantiers récents, une fourchette de prix ou au moins une méthode pour l'obtenir, et une explication courte du déroulé d'une intervention. Ce contenu se lit, il ne se scanne pas en trois secondes.

Le titre de la page et le premier paragraphe doivent contenir le vocabulaire réellement tapé, celui du métier associé au quartier ou à la ville, sans jargon de présentation d'entreprise. « Électricien à Mazargues, dépannage et installation » répond davantage à une recherche réelle que « Entreprise d'électricité générale, tous types d'interventions ».

Type de rechercheExemple de formulationDélai attenduCe que la page doit afficher en premier
Urgence « plombier fuite d'eau Marseille » Dans l'heure Numéro de téléphone, disponibilité, zone couverte
Urgence vocale « qui peut venir ce soir pour une fuite » Le jour même Une phrase claire qui répond directement à la question
Projet, premier stade « idée rénovation cuisine Marseille » Plusieurs semaines Photos de réalisations, inspiration, exemples de chantiers
Projet, décision « cuisiniste Marseille devis » Quelques jours Fourchette de prix, formulaire de devis, avis si disponibles

Vérifier ses propres formulations sans outil payant

Trois méthodes gratuites suffisent à retrouver le vocabulaire réellement employé par vos futurs clients, sans abonnement à un outil de mots-clés.

La première consiste à relire vos échanges passés : SMS, messages Messenger, notes prises au téléphone. Les mots que vos clients emploient pour décrire leur besoin sont souvent les mêmes qu'ils ont tapés sur Google quelques minutes avant de vous appeler.

La deuxième consiste à ouvrir Google en navigation privée et à taper votre métier suivi de « Marseille », lentement, lettre par lettre. Les suggestions automatiques qui apparaissent reflètent des recherches réellement effectuées par d'autres personnes dans une situation proche de la vôtre.

La troisième consiste à faire défiler la page de résultats jusqu'au bloc « Autres questions posées » ou jusqu'aux recherches associées en bas de page. Ces questions montrent la formulation exacte que Google associe à votre métier dans votre secteur, sans qu'il soit nécessaire de deviner.

Le bourrage de mots-clés ne trompe personne

Une fois ce vocabulaire réuni, la tentation consiste à l'entasser sur la page : répéter le métier, la ville et chaque quartier dans chaque paragraphe, jusqu'à obtenir un texte illisible. Cette pratique ne trompe ni les visiteurs ni Google, qui identifie ce type de contenu et le pénalise plutôt qu'il ne le récompense.

Deux ou trois formulations bien choisies, placées dans le titre, dans le premier paragraphe et dans un sous-titre, couvrent la grande majorité des recherches réelles. Le reste du texte peut rester naturel, écrit pour un humain pressé qui cherche une réponse, pas pour un robot qui compte des occurrences.

Cette rigueur rejoint une règle plus large du site : une page traite un sujet, pas dix. Le pack local Google à Marseille et le comportement de l'application Maps expliquent la mécanique de classement qui suit une fois la page bien écrite. Le vocabulaire vient en premier, le classement en second.

Une page écrite avec vos propres mots ?

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