Cadre légal et administratif

Choisir le nom de domaine de son entreprise artisanale

Le nom de domaine d'une entreprise artisanale doit être enregistré à votre nom, jamais à celui du prestataire qui fabrique le site. Choisissez-le court, facile à dicter au téléphone, en .fr, puis vérifiez qui en est le titulaire. Le jour où vous changez de prestataire, c'est ce nom inscrit qui décide si vous gardez votre adresse.

Publié le 7 octobre 2026 Par Mathias Dauverchain, Artisan Branding 8 min de lecture

La réponse courte

Le nom de domaine est l'adresse de votre site, la partie qui suit « www. » et qui se retrouve après l'arobase de votre adresse e-mail professionnelle. Dans durand-plomberie.fr, c'est durand-plomberie.fr. Le site, lui, n'est que le contenu affiché à cette adresse : on peut le refaire, le changer d'hébergeur, le confier à quelqu'un d'autre. L'adresse reste.

Pour un artisan, cette adresse sort très vite de l'écran. Elle est peinte sur la portière de l'utilitaire, imprimée sur les devis, les factures, les cartes de visite, parfois sur la vitrine ou le tampon. Changer de domaine revient à refaire tout cela, et à perdre les clients qui avaient noté l'ancienne adresse. D'où la règle : le domaine se choisit une fois, avec soin, et il s'enregistre au nom de celui qui en vivra.

Schéma en deux colonnes : si le domaine est au nom de l'artisan, il demande le transfert, le nouveau prestataire reprend la même adresse et rien n'est à réimprimer ; s'il est au nom du prestataire, la transmission dépend de son accord, et un refus impose une nouvelle adresse, un nouvel e-mail et de nouveaux supports imprimés
Le site se refait en quelques jours. L'adresse, elle, se garde ou se perd selon le nom inscrit au moment de l'enregistrement.

Pourquoi le domaine doit-il être à votre nom ?

Parce qu'un nom de domaine ne s'achète pas au sens propre. L'Afnic, l'organisme qui gère le .fr, le rappelle sur sa page consacrée à la gestion d'un nom de domaine : on obtient un droit d'utilisation exclusif, pour une durée de un à dix ans, qu'il faut renouveler. Ce droit appartient à une seule personne, le titulaire. C'est elle, et elle seule, qui peut le renouveler, le transmettre ou le supprimer.

Le titulaire est la personne physique ou morale inscrite au moment de l'enregistrement. Si votre prestataire a réservé l'adresse depuis son propre compte, avec son nom dans la case titulaire, le domaine est à lui, même si vous l'avez payé et même si votre enseigne figure dedans. Une facture prouve que vous avez payé, et rien de plus sur ce point.

Le cas se présente plus souvent qu'on ne le croit, et rarement par malveillance. Le prestataire enregistre le domaine à son nom parce que c'est plus rapide, qu'il gère ainsi tous ses clients au même endroit, et que personne ne lui a demandé de faire autrement. Le problème n'apparaît que le jour de la séparation, quand vous découvrez que vous avez besoin de son accord pour partir avec votre propre adresse.

Comment savoir qui détient votre domaine aujourd'hui ?

Pour une adresse en .fr, le Whois de l'Afnic affiche le titulaire, le bureau d'enregistrement (la société chez qui le domaine est réservé) et la date d'expiration. Tapez votre adresse sans le « www. » et lisez la ligne du titulaire.

Une difficulté attend beaucoup d'artisans à cette étape. L'Afnic masque par défaut le nom et les coordonnées des personnes physiques. Si vous exercez en entreprise individuelle ou en micro-entreprise, le Whois peut donc n'afficher aucun nom, et vous ne saurez pas s'il s'agit du vôtre. Une société, en revanche, apparaît en clair.

La vérification qui tranche se fait ailleurs : demandez à votre prestataire le nom du bureau d'enregistrement et l'identifiant du compte qui porte le domaine. Si ce compte est à votre nom, avec votre adresse e-mail, vous pouvez vous y connecter et voir la fiche du titulaire. S'il est au nom du prestataire, posez la question franchement et demandez une capture de la fiche. Un prestataire honnête répond dans la journée.

Vous ne savez pas à qui appartient votre adresse ?

Envoyez-nous votre nom de domaine. Nous regardons où il est réservé, quand il expire, et ce qu'il faut demander à votre prestataire actuel pour le récupérer.

Faire vérifier mon domaine

Choisir le nom : ce qui compte pour un artisan

Un client trouve votre site de trois façons : depuis Google, en tapant l'adresse lue sur le camion, ou en la recopiant après l'avoir entendue au téléphone. Les deux dernières pèsent lourd chez un artisan, et ce sont elles qui guident le choix.

Un nom qui se dicte sans l'épeler

Dites l'adresse à voix haute, comme vous le feriez à un client qui note sur un coin de table. Si vous devez préciser « avec deux L », « sans S » ou « tiret du six », le nom va se perdre en route. Les accents posent le même souci : un domaine accentué existe, mais l'adresse e-mail qui va avec se tape mal sur bien des téléphones. Restez en lettres simples.

Le nom de l'entreprise d'abord, le métier si besoin

L'ordre le plus solide est votre nom commercial, tel qu'il figure sur le camion et l'extrait d'immatriculation. Si ce nom ne dit pas le métier, ajoutez-le : durand-plomberie.fr plutôt que durand.fr. L'Afnic note qu'un tiret peut améliorer la lisibilité ; un seul suffit.

La ville, avec prudence

Mettre Marseille dans l'adresse rassure le client local, mais vous lie à cette ville le jour où vous vous installez à Aubagne ou étendez votre zone vers Aix. Pour ressortir sur les recherches locales, les pages du site et la manière dont vous y décrivez votre zone d'intervention à Marseille pèsent bien davantage que l'adresse. Gardez la ville pour le contenu.

Vérifier que le nom n'appartient pas déjà à quelqu'un

Le .fr suit la règle du premier arrivé, premier servi. La page de l'Afnic sur la création d'un nom de domaine précise toutefois qu'on ne doit pas porter atteinte aux droits de propriété intellectuelle d'autrui. Un domaine libre peut donc reprendre une marque déposée par un concurrent, et vous exposer à une procédure de récupération. Avant d'imprimer quoi que ce soit, une recherche de marque sur la base de l'INPI évite ce risque.

Faut-il prendre un .fr ou un .com ?

Pour une entreprise qui travaille en France, le .fr est le choix naturel. Il signale un professionnel installé ici : l'Afnic réserve le .fr aux personnes et aux entreprises établies dans l'Union européenne et quelques pays voisins. Le .com n'apporte rien à un artisan dont toute la clientèle est locale.

Si le budget le permet, réservez les deux et faites pointer le second vers le premier. Cela coûte peu chaque année et empêche quelqu'un d'autre de s'installer sur une adresse que vos clients pourraient taper par erreur. Faites la même chose pour la variante sans tiret si votre nom en comporte un. L'Afnic recommande elle-même d'enregistrer quelques variantes orthographiques pour parer aux erreurs de saisie.

Quand le prestataire est titulaire du domaine

Tant que tout se passe bien, la différence est invisible. Elle se révèle dans quatre situations, résumées ci-dessous.

Situation Domaine à votre nom Domaine au nom du prestataire
Vous changez de prestataire Vous demandez le transfert, l'adresse suit Il faut son accord pour la transmission
Désaccord sur une facture Le domaine reste hors du litige Le domaine peut servir de moyen de pression
Le prestataire cesse son activité Vous renouvelez vous-même Le domaine risque d'expirer sans que personne ne le renouvelle
Vous vendez votre fonds Le domaine se transmet au repreneur Le repreneur hérite d'une adresse qui ne vous appartient pas

Si vous êtes dans la colonne de droite, la première démarche est amiable : demander par écrit la transmission du domaine à votre nom, ce que l'Afnic appelle une transmission et qui se fait auprès du bureau d'enregistrement avec la validation du titulaire actuel. Un prestataire de bonne foi l'accepte sans discussion une fois la demande posée clairement, souvent par simple oubli de l'avoir fait plus tôt.

En cas de refus, l'Afnic propose des voies de résolution des litiges, dont une médiation et des procédures extrajudiciaires de récupération d'un nom de domaine. Elles demandent de prouver votre droit sur le nom, ce qui est plus simple si le domaine reprend votre nom commercial ou votre patronyme. Notre article sur les arnaques à la création de site internet décrit les contrats où cette rétention fait partie du modèle, et les signes qui permettent de les repérer avant de signer.

Le renouvellement, la date que personne ne note

Un domaine non renouvelé est supprimé. L'Afnic précise que, sans nouvelles du titulaire au moment de l'échéance, le bureau d'enregistrement demande la suppression. Une fois l'adresse libérée, n'importe qui peut la réserver, y compris quelqu'un qui revendra le trafic de vos anciens clients.

Le piège le plus courant tient à l'adresse e-mail du titulaire. Les avis d'expiration partent vers l'adresse inscrite à l'enregistrement. Si c'est celle d'un ancien prestataire, d'un neveu qui avait monté le premier site ou d'une boîte que vous ne consultez plus, les rappels n'arrivent jamais. Vérifiez cette adresse en même temps que le titulaire, et notez la date d'expiration dans l'agenda où vous notez vos chantiers.

Lors d'une refonte de site internet, profitez-en pour reprendre ce dossier : c'est le moment où l'on retrouve les accès, et où l'on peut remettre le domaine à votre nom sans changer d'adresse.

Ce que nous faisons de votre domaine

Chez Artisan Branding, le domaine est déposé à votre nom et à celui de votre entreprise, dès la création. Il est compris dans le prix du site la première année, quelle que soit la formule, de 590 € à 1 490 €. Ensuite, son renouvellement fait partie de l'entretien à 12 € par mois, que vous pouvez arrêter quand vous voulez.

Si vous partez, nous vous transmettons les fichiers et les accès sans frais, et le domaine reste là où il était : chez vous. Notre article sur l'abonnement de site internet détaille pourquoi nous avons choisi ce modèle plutôt que la location.

Une adresse à votre nom, dès le premier jour

Nous choisissons le domaine avec vous, nous l'enregistrons à votre nom et nous vous remettons les accès. Site en ligne en sept jours ouvrés, à partir de 590 €.

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